sur la Suisse. 133Voisin de Vevay ! le moyen d’y tenir! Le pontest passé. Vous avez lu la nouvelle Hélo'ise , sivous venez à Clarens, n y cherchez point cebosquet, sous l’abri duquel fut cueilli le pre-mier baiser de l’Amour, ce baiser brûlant, quirendit si éloquent & l’Amant & l’Historien.Point de bosquet, point de château , des habi-tations modestes & voilà tout. Non , ce n’estpas tout. Vous y retrouverez le souvenir de laplus intéressante fiction , que ce lieu vous rap-pelle. J’ai ouvert l’Heloïse , elle m’a paru plusforte encore. J’ai lu auísi cette lettre de Claire,la mort de Julie, & j’ai pleuré. Ce que c’estqu’une image! Venez à Clarens , si vous voulezsentir votre cœur & ravoir vos jeunes souve-nirs. Eh! qu’importe le lieu ! II est beau, s’ilme rappelle un beau passé, s il me fait renaîtrea moi-même. Vous pensez bien , qisavant dem’éloigner de cette côte , j’ai parcouru laMeillerìe, ce rocher d’où l’Amant de Julieécrivoit ; U roche est ejearpée , & ton Amant tjlau déjespolr. On ne m’y a parlé que du bonvin qui y croît, & rien de Saint-Preux. II lesavoit habitées ces côtes sombres du Chablais,celui qui l es peignit avec tant d’énergie & degrâces. Sa plume, qui n’étoit jamais froide, atout embelli; pardonnons lui d’avoir donné lavie à des sites inanimés. N’est pas doué qui veut
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