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rochers se hérissent , & forment un mur àpic autour du lac qu’ils resserrent ; tout estnu , stérile ; les arbres à moitié chauves &desséchés, inclinés verticalement , pendent &menacent le Voyageur; alors mon œil a re-trouvé le tableau que l’Auteur d’Héloïse avoitgravé dans ma pensée. Il n’a été qu’un Peintrefidèle. Meilîerie paroît bâti sur des gradins , lesmaisons semblent tenir Tune à l’autre , & lestoits de l’une servir d’échelle pour monter surl’autre. La Savoye & le Dauphiné offrent desemblables escarpemens & des villages aulïì mi-sérables. Un bourg voisin ( Saint-Gingouph ) ,placé au pied des montagnes, vieillit & prendcette teinte de caducité, que présentent les dé-bris des vieux rochers fur lesquels il est astis,& qui ont été amoncelés par le torrent qui rouledans la vallée & qui démarque les possefíìonsdu Roi de Sardaigne, de celles du Valais. Oui,Madame, les montagnes vieillissent, se dessè-chent , s’entrouvrent en autant de scories , &le réduisent en cendres ou en pouffière. Ellesse détachent insensiblement & se neutralisent.Hélas ! les rochers meurent auffi , vous verrezla preuve de ce que je vous dis dans le Dau-phiné , dans la haute Provence &à Malte. Au-dessus de Saint-Gingouph , est la Dctit-doche ,montagne célèbre par son élévation, & où on
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