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Tome II.
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170 Lettres

son Traité avec l’Autriche. On convint desoumettre les futures querelles des Cantonsau jugement de ceux qui seroient neutres ,& on stipula que les Cantons auroient ledroit de juger de la néceffité des nouvelles al-liances & le pouvoir de les rompre à forceouverte.

La mort de Charles-le-Téméraire; l’union hé-réditaire de 1471, le Traité mercenaire avecLouis XI en 1480, avoient déjà affermi la Li-berté helvétique. La révolution qui fe fit dansle système guerrier de l’Europe , fit jouer unnouveau rôle aux Suisses. Toutes les PuissancesRattachèrent des pâtres belliqueux , & la Suissefut regardée comme une pépinière de soldats,que chacune d'elles conserva avec soin. Cha-cune se hâta de passer avec les Cantons, desespèces de baux, où le sang & les services fu-rent mis à un prix relatif au besoin qu’on enavoit. Ce prix fut porté à un taux excessif,toutes les fois qu’il fut question d’augmenter lenombre des Compagnies.

Les Cantons populaires virent avec des yeuxjaloux les conquêtes que les Aristocraties fai-soient ; il se procurèrent des sujets & enlevè-rent au MiJanez Palenza, Riviera, Bellinzone;ils attaquèrent le Canton de Zurich , à l’occa-caíion du partage du Toggenbourg, dont la