Sur la Suisse. 219
dans son enceinte on retrouve des productionsMarines; les eaux se sont retirées à des épo-ques postérieures. L’efprit conjectural a cruprouver cette retraite par la forme des mon-tagnes ; l’homme. n’a point avec le ciseau taillépyramidalement , triangulairement ces hautessommités. Il a abandonné les formes à la sciedu tems. Ce maître unique de l’architecture desAlpes, a tout soumis à ses plans bizarres ; maissi rien n’atteste depuis six siécles le travail dela scie , si de nouveaux décombres n annoncentpoint une reconstruction, si le dernier coup demarteau n’a point retenti à nos oreilles, il fauten conclure que la Suisse fut ce quelle est, oubien que les révolutions du tems arrivent pluslentement qu’on ne pense. Les Glaciers & lesAlpes font de la même antiquité. Les plus hautesmontagnes furent condamnées a supporter lespremiers. Leur grande élévation en est la causeCertaine. L’air y est moins chaud, moins igné,& il a perdu les deux tiers de son élasticité. Lamoiteur dont il paroît enduit n’a pas assez demalléabilité. Les vapeurs restent gelées ; rien nepeut les résoudre en eau ; le soleil n’a pas assezde chaleur pour établir une évaporation néces-saire ; la neige devient solide,des courans froidsla frappent & l a mattent.
On a cru que le salpêtre renfermé dans les