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Tome II.
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%ii Lettres

On s’est encore trompé quand on a assuré quSîes Glaciers étoient soumis à un balancier pé-riodique, & croîssoient & décioîssoient tous lessept ans. Rien n’est certain dans leurs varia-tions. Une triste expérience prouve qu’ils n’a-bandonnent point le terrein qn’ils ont conquis.On voit même les neiges se maintenir sur laglace où elles soudoient autrefois. Les Habi-tans du Hasly, ceux du Grindevald, du Fau-cigny , vous diroient : Ces tristes vallées furentfertiles ; les glaces les ont usurpées. 11 sembleau contraire que le tems veuille les respecter.C’est un tribut qu un nouveau stécîe apporteaux Alpes. Les amas reposent îes uns fur lesautres , fans fe pétrir, fans s amalgamer. Ilsont chacun son lit ou fa couche. Chaque filonprésente la lisière de la nouvelle couvertureque le tems déploie fur les Glaciers. On pour-roit les compter ausli facilement que les cou-ches d’un arbre. Ceux qui servent de manteauà la masse, sont plus épais.

Le tronc des Glaciers est le Mont Saint-Go-thardt : c’est de-là que l’œil pourroit voir, dansun pays aussi conscrit que la Suisse, un espacede soixante lieues dérobé à fes Habitans. II ver-roit des vallons comblés dans la longueur dedeux lieues. II auroit parcouru l’effrayante con-trée d’Englsen, où la curiosité seule peut con-