Lettre s
on a mal-à-propos murmuré ( i ). L’Allíancéde la Suisse est utile à la France. Les Cantonscouvrent la Bresse, la Franche - Comté , unepartie de l'Alsace. Ils nous dispensent d’éleverdes fortifications, & de garnir une étendueimmense de frontières. Ils soulagent nos Pro-vinces, qu’une plus grande quantité de Milicesdépeupleroit. La politique nous en a fait uneLoi. La Suisse est placée entre la France, l’Al-lemagne , l’Italie & la Savoie. Toutes ces Puis-sances aboutissent, par des rayons différens ,à ce bassin commun. Elle peut les secourir toutes ,& en menacer quelques-unes. Sa constitutionfédérale ne lui a point permis de se réunir pourtenter des invasions, & vous pouvez croire quela vigilance des Cours limitrophes, ne s’endortpoint fur cette réunion. Toutes empêchent qu’onne la trouble, & que des Agens ennemis nerompent l’équilibre fédéral. Tout est mainte-nant si bien ordonné que chaque Puissance ya établi par des accaparemens un contre-poidsmilitaire. Deux cents mille Suisses font sagementdispersés dans tous les Etats de l’Europe.
Je n en concluerai point qu’il faut confier notre
(i) Le Voyageur François , imprimé en 1783 , s'est permisdes réflexions incroyables & d’une ignorance singulière.Il a pris à tâche de tout déprimer.