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Tome II.
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Z.86 Lettrés

pare de son or, plutôt que de le garder danSses coffres ! Le point essentiel est d’avoir de l’or -«Tempêcher qu’il ne s’écoule avec trop d’abon-dance; c’est alors seulement que la misère trou-veroit place auprès des lambris dorés. Les Arts,que l’or appelle, font aussi une marchandise.Athènes devoit bien plus de gloire à ses Artistes,que Sparte à ses esclaves. Si vous craignez’quedes trésors ne tentent vos voisins, n’allumentparmi vos Patriciens une ambition démesurée,imitez Venise ; multipliez les objets de dépense;inventez des plaisirs : que craignez - vous envous efféminant ? L’ennemi n est point à vosportes : son approche est moins à craindre quele trésor qui vous inquiète. Faites mieux encore,nécessitez l’importation du luxe étranger ; en-voyez des Citoyens aux quatre coins du Monde;qu’ils voyagent à grands frais ; rassemblez déscabinets; formez des bibliothèques; occupez leciseau des Etrangers. Votre or fera bientôt dis-persé. Vous voyez qu’on peut n’être jamaisembarrassé de l’or ni du luxe, fans recourir àdes Loix somptuaires.

Si, comme dans les Cantons populaires, leCommerce est peu de chose ; si FAgriculure estTunique ressource du Canton, il faut prévenirune plus grande pauvreté ; mais on n’a pasbesoin de créer des Loix. La nécessité obvie à