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par son arrêt du 29 juillet, dès le lendemain 30, M. lePrésident interrogea Girard.
Ici commence une longue série d’interrogatoires,qui seront imprimés et distribués, ainsi que toutesles pièces importantes de la procédure ; car nousavons jugé que chacun de vous, Messieurs, doit con-naître toutes les questions qui ont été adressées auxprévenus et toutes leurs réponses, ainsi que les actesd’instruction qui contiennent quelque chose de subs-tantiel; et, parmi les dépositions des témoins, cellesqui peuvent jeter quelque jour sur les circonstances(l’un crime si énorme. Il convient en effet que voussoyez mis à portée d’apprécier ce qui a été fait, cequi pourrait avoir été négligé et ce qu’il serait peut-être convenable de luire encore, dans l’intérêt de, la vérité et du complet éclaircissement de l’affaire; car,dans l’instruction d’un procès de cette nature, on peutdire qu’il n’y a que ce qui surabonde qui suffise; etl’on n’a point poussé les recherches assez loin, si on neles a étendues jusqu’où peuvent atteindre les conjec-tures d’hommes impartiaux et raisonnables. Toutefoisnous vous devons une analyse rapide de ces interroga-toires; elle vous guidera dans l’étude consciencieuseque vous en ferez. A son aide, vous saisirez sur-le-champ les principaux traits du caractère des inculpés;vous déduirez mieux les conséquences de leurs aveux;vous pressentirez, avec plus de facilité, ce que leurs ré-ticences laissent présumer, et ce que l’on doit conclurede leurs dénégations. C’est ici le cœur de la procédure.
Le 30 juillet, Fieschi, qui était encore Girard auxyeux des interrogateurs, ne changea point de système;il déclara qu’il était bien fâché de ce qu’il avait fait,et qu’il ne l’aurait pas fait s’il n’avait pas bu un verre