LES METEOlîITES
151
des manifestations d’une joie générale, d’un cortège nom-breux de dames romaines qui la portèrent au temple de laVictoire, la prenant chacune à leur tour entre les mains, nonque le poids pût les fatiguer, mais afin que l’honneur fûtpartagé. D’après Arnohe, qui vit la pierre vénérée et l’examinaattentivement, on l’avait enchâssée dans une monture d’ar-gent. Elle était de faible dimension et d’un noir foncé; elleprésentait des angles saillants et inégax, ainsi que des aspé-rités irrégulières. On y admirait, comme signe miraculeux,une cavité en forme de bouche, de telle sorte qu’elle offraitgrossièrement le simulacre d’un visage.
Les croyances superstitieuses qui s’attachaient au corpsd’une pareille provenance se constatèrent encore quatrecents ans plus tard, lorque Elagabale fit venir d’Ëmèse, enSyrie, la pierre qu’on y adorait, comme l’image du dieu duSoleil, dont il avait pris le nom. Traînée sur un char par sixchevaux blancs que l’empereur conduisait lui-même, ellesuivait un chemin couvert de poussière d’or, et fut amenéedans un temple magnifique, élevé en son honneur sur lemont Palatin, qui fut consacré dès lors au culte du Soleil.
La vénération qui entourait, en des lieux si divers et pen-dant une longue série de siècles, de simples pierres noires,d’un volume et d’un aspect ordinaires, ne saurait s’expliquer,si, confiant dans les témoins oculaires, on n’avait générale-ment eu la profonde conviction qu’elles arrivaient du ciel.
De leur côté, les antiques chroniques chinoises contien-nent le souvenir et les dates de chutes analogues, auxquelleson attribuait une influence sur les événements contem-porains.
Parmi les apparitions du même genre qui, au moyen âge,attirèrent l’attention, je n’en mentionnerai qu’une, celled’Ensisheim, en Alsace. « L’an 1492, le 7 novembre, dit unechronique du temps, entre onze heures et midi, il advint un