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Tome second.
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TOUTE INDUSTRIE PEUT ÊTRE . LIBRE.

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leur activité collective, commettent ou tolèrent bien deschoses que très assurément ils réprouvent, et dont en géné-ral ils s’abstiennent dans leur qualité d’hommes privés.

Quoique la conduite des hommes, dans leurs relations par-ticulières, même chez les peuples de l’Europe les mieux po-licés, ne soit pas toujours, il s’en faut assurément beaucoup,exempte d’iniquité et de violence, il est pourtant vrai de direqu’il y a peu d’excès qu’ils ne condamnent en principe, etqu’en pratique il en est un grand nombre dont ils saventcommunément s’abstenir. Eu égard h la masse d’hommesqui s’est développée sur la terre que nous habitons, parexemple, il est sûrement peu d’individus qui, dans leur con-duite individuelle, attentent habituellement aux propriétés,ou fassent violence aux personnes ; il en est encore moinsquis’avisent, comme individus, de vouloir déterminer l’usageque les autres pourront faire de leurs facultés; je ne sachepas en avoir jamais vu qui, de leur autorité privée, osassents’arroger le droit d’interdire des actions moralement inno-centes ou s’attribuer le privilège exclusif de faire ce qui na-turellement est permis h tous.

Mais, si telle est notre réserve lorsque nous agissons commeindividus, il s’en faut que, politiquement, nous soyons aussitimides. Dès que nous pouvons agir comme membres ducorps politique, et surtout au nom et avec le concours des pou-voirs publics, nous ne sommes plus les mêmes hommes :neus ne connaissons plus de bornes à notre volonté ; ondirait que les actions changent de nature, parce que nousavons changé de rôle, et que ce qui eût été crime de la partde simples individus devient chose louable, ou tout au moinspermise, dès que nous agissons au nom de la société. Notreconscience, qui tantôt était craintive, scrupuleuse, délicate,circonspecte, devient tout à coup entreprenante et hardie.