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LIVRE VIII, en. III. DE LA LIBERTÉ
sion que les voyages; et je ne parle pas seulement des trans-ports à petite distance, incomparablement les plus multi-pliés, mais aussi des transports a grande distance : le tonnagedes importations et des exportations, par exemple, croît, endépit des entraves, dans des proportions qu’on n’aurait passoupçonnées. En même temps, on ne compte plus, dans lesfoyers d’action les plus animés, les voyageurs que par mil-liers et par cent-milles. Dans le nombre des steamers que lesAméricains emploient au transport des voyageurs sur quel-ques-uns de leurs fleuves, il en est qu’on pourrait comparerà des espèces d’arches à plusieurs étages, et qui contiennentjusqu’à douze cents voyageurs (*). Nous apprenons de diverspoints qu’en quelques semaines, tel chemin de fer a trans-porté tant de cent-milles voyageurs, qu’en un petit nombred’années il en a passé tant de millions sur tel autre.
Enfin , la rapidité des déplacements s’en accroît presqueautant que la masse; et si l’on voulait comparer, par exem-ple, l’allure de nos diligences, il y a trente ans, à celle deslocomotives actuelles, on verrait que la vitesse moyenne destransports a quintuplé. Mais il y a eu accélération dans lamarche de tous les véhicules. Les diligences, qui faisaient ra-rement deux lieues à l’heure, il y a trente ans, cheminentcommunément aujourd’hui avec une célérité de trois lieuesà l’heure; les malles-postes vont fréquemment avec une vi-tesse de quatre lieues; les bateaux à vapeur, à la descentedes fleuves, avec une vitesse de cinq, de six, de sept, et surquelques points de neuf; la locomotive avec une vitesse de dixet de douze. Les bateaux de Lyon descendent le Rhône avecune vitesse moyenne de six lieues; ceux de Rouen parcourenten trois heures les vingt lieues qui les séparent du Havre;
(') F. l’ouvrage du major Poussin, déjà cité.