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Tome second.
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LIVKE VIII, Cil. IV. 1JE LA LIIlEItTE

comme autant d’applications de la science de la mécaniqueà la fabrication, beaucoup d’inventions de machines nouvellesou d’améliorations des machines anciennes faites par deshommes qui, pour la plupart, très assurément, n’étaient quepeu ou point versés dans la théorie de cette science (' ).

« Je manifestais mon étonnement auprès d’un savant ingé-nieur anglais, observait un jour un professeur du Conserva-toire, qui m’a déjà fourni d’heureuses citations, de la rapiditédes progrès que l’Angleterre avait faits dans la mécanique.Loin de s’en glorifier, il me répondit : ces progrès sont beau-coup moins dus aux connaissances théoriques des savantsqu’à l’habileté pratique des ouvriers, qui réussissent toujoursmieux que les esprits cultivés à vaincre les difficultés ( 2 ). »

Que de faits n’y aurait-il pas à citer à l’appui de cette re-marque ! Que de machines ingénieuses et puissantes qui n’onteu pour inventeurs que des artisans destitués de toute notionde théorie. J’ai déjà nommé la fileuse et ses principaux créa-teurs, au nombre de cinq : John Wyatl, Lewis Paul, JamesHargreaves, Richard Arkwright, Samuel Crompton. Tousétaient des hommes dépourvus de science, et quatre sur cinqde simples ouvriers. Us n’ont, les uns et les autres, fait leursdécouvertes qu’en tâtonnant, en essayant, en expérimentant.C’est encore un ouvrier, John Kay, qui a trouvé la navette

(’) On voit, t. Il, p. 3, de l’ouvrage de Chaptal, qu’il se propose defaire connaître les progrès et l’étal actuel de l'application de la chi-mie et de la mécanique à l’industrie ; et, p. -112, qu'il a voulu seborner à ce qui est l’effet immédiat de l’application de ces sciences.Ainsi tous les perfectionnements qu’il signale seraient dus, suivant lui,au progrès de l’application des théories chimiques et mécaniques. Ilest impossible de ne pas reconnaître qu’il y a infiniment d’exagérationdans cet énoncé, et que, dans le nombre des perfectionnements quel'auteur énumère, il en est beaucoup, en mécanique surtout, qui ontété obtenus sans aucune intervention de la Ihéorie.

( 2 ) M. Clément, ouverture, de son cours de 1825 à 1824.