Dli l’iNDUSTRIK MANUFACTURIÈRE. 341
On voit comment agissent et jusqu’à quel point sont néces-saires ici la connaissance pratique du métier, les notions théo-riques, les talents d’application et d’exécution. Voyons l’in-fluence qu’y exercent les bonnes habitudes morales.
J’ai parlé plus haut (p. 310) du reproche qu’on fait à l’indus-trie manufacturière d’agir d’une manière fâcheuse sur la mo-rale de ses agents. Quoi qu’il en soit de l’influence de cetteindustrie sur les mœurs, il est au moins une chose qui n’estpas douteuse, c’est que les bonnes habitudes morales sontindispensables à ses succès. Plus elle ramasse ses agents, pluselle les expose à contracter de certains vices, et plus, parcela même, elle leur rend nécessaires de certaines vertus. C’estainsi, par exemple, que les habitudes de propreté semblentêtre plus nécessaires dans les fabriques que dans les fermes,dans les villes que dans les campagnes. C’est ainsi que, dansles villes, le mélange continuel des sexes et la facilité de cer-tains plaisirs, rendent peut-être plus nécessaires les précau-tions et les habitudes favorables à la continence. C’est ainsique l'activité, l'économie, la simplicité des goûts semblent plusimpérieusement requises dans les lieux circonscrits où la fa-brication accumule ses agents, que dans les espaces étendusoù l’agriculture dissémine les siens, par cela seul que, dansles premiers, la paresse est plus favorisée, qu’on y a plusd’occasions de fêtes, plus de dissipation, qu’on y est plus ex-cité au luxe, aux folles dépenses, etc.
On trouve dans l’enquête faite en Angleterre sur l’état denotre industrie, quelques preuves de ce que peuvent pour lapuissance de la fabrication certaines habitudes morales. On
travailleurs, et en général tout ce que la supériorité en fait de main-d’œuvre peut donner au peuple qui la possède d’avantage sur le mar-ché.