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LIVRE VIII, Cil. IV. DE LA LIBERTÉ
bien que les proportions aujourd’hui soient fort changées, laprincipale activité de l’industrie parisienne est toujours dirigéedu même côté. Il règne encore, sous le rapport du caractère ,un contraste marqué entre les industries française et anglaise:l’une excelle surtout dans la joaillerie, l’orfèvrerie, les bronzesdorés et ciselés, les albâtres, les cristaux, les porcelaines, lesriches soieries, les draperies fines; l’autre dans la fabricationdu fer, de l’acier, du coton, de la laine, dans la production detous les objets d’un usage très étendu ; la première est encoreparticulièrement appliquée à satisfaire les besoins des classesélevées ; la seconde travaille de préférence pour les masses.
La différence de ces directions n’est pas à l’avantage decelle des deux industries qui tient à honneur de travaillerpour les classes élevées. Celte tendance a retardé le dévelop-pement de ses branches de production les plus importantes;et ce qu’elle lui a fait acquérir de pouvoirs, ce qu’elle obtientde bénéfices dans la fabrication des objets de luxe, n’est rienen comparaison de ce que peut et de ce que gagne sa rivaledans la production des choses d’un usage universel et jour-nalier. L’Angleterre, avec une population qui n’était pas lamoitié de celle de la France, fabriquait, il y a vingt ans, deuxfois plus dé lainages, trois fois plus de colonnades , six foisplus de fer ou de fonte ( 1 ). Un brasseur de Londres, M. Per-
(') La production du fer tondu, en Angleterre, en 1824, était de700,000 tonneaux, et en France, seulement de 120,000 tonneaux.Dans la même année, la quantité de coton en laine importée en An-gleterre était de 173 millions de livres, et la quantité importée enFrance, seulement de 36 millions de livres. M. Clément, dans soncours du Conservatoire, à la fin de 1825, portait la quantité de toilesde coton, livrées cette année-là à l’impression par les fabriques an-glaises , au sextuple de la quantité des mêmes étoffes qui avaient étéfabriquées en France cette année-là. Aujourd'hui, les proportionssont changées; mais la progression, très sensible en France, l’a été in-comparablement plus en Angleterre.