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de l’industrie manufacturière.
Les inconvénients du régime préventif se font sentir icijusque dans les matières où l’intervention en serait, ce semble,le plus permise. Quoi, en apparence, de plus légitime et deplus simple que de vouloir empêcher qu’on n’abuse, dans lesmanufactures, de la faiblesse des femmes, des enfants, et,pour y parvenir, que de régler, suivant l’âge et le sexe, lenombre d’heures que devra durer la journée de travail? Ce-pendant il n’est pas bien sûr que cette mesure, inspirée parun mouvement si naturel de charité et de philanthropie, fûttrès favorable aux malheureux en faveur de qui elle auraitété prise. II faut prendre garde d’abord qu’on ne pourraitguère réduire dans les fabriques les heures de travail pourles enfants et pour les femmes, sans les réduire par cela mêmepour tous les ouvriers; car les enfants et les femmes unefois partis, il serait fort difficile que l’atelier continuât à mar-cher, et de fait la journée serait finie pour tout le monde.Puis quel serait, même pour ceux qu’on aurait voulu soula-ger, le résultat de cette réduction de la journée? On pourraitbien défendre aux chefs de fabrique de retenir les femmes etles enfants au travail au-delà de tant d’heures; mais pour-rait-on les contraindre à donner pour un travail moindre unsalaire pareil, à payer une journée de dix heures, parexemple, autant qu’une journée de douze ? Quand ils le vou-draient, le pourraient-ils? Le pourraient-ils du moins sansse ruiner? La situation du marché le permettrait-elle? Ets’ils étaient forcés de payer moins des ouvriers dont ils re-cevraient un travail moindre, cette réduction des salaires,suite inévitable de celle du travail, serait-elle bien heureusepour les classes intéressantes qu’on aurait voulu favoriser ?
Ce qu’il y a de certain, c’est que la loi qui a voulu réglerchez nous le travail des enfants dans les manufactures, pa-raît rencontrer à l’application d’insurmontables difficultés, et
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il.