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DE L’iNDUSTRlE AGRICOLE.
bilité de vivre, ce sont là de ces vérités que l’on ne peut assu-rément contester. Et, néanmoins, je ne sais s’il y a plus lieuà dire de l’art agricole que de tout autre qu’il est le premieret le plus nécessaire des arts. Si les hommes ont besoin d’êtrenourris, ils n’ont guère moins besoin d’être logés, vêtus, in-struits, façonnés. Si la fabrication ne peut se passer des ma-tériaux que lui fournit l’agriculture, l’agriculture ne peut passe passer davantage des ustensiles, des meubles, des outilsque lui fournit la fabrication. Si le voiturage a besoin que l’a-griculture le pourvoie de bêtes de trait ou de somme, l’agri-culture, h son tour, a besoin que le voiturage exécute pourelle une multitude de transports. S’il n’est pas de classe detravailleurs a qui l’industrie agricole ne procure des aliments,il n’en est point dont elle ne reçoive quelque genre de ser-vices; elle a besoin des autres industries, de même que lesautres ont besoin d’elle ; et, comme je l’ai déjà observé, il n’ya pas, au moins d’une façon bien apparente, d’ordre hiérar-chique à établir parmi des arts qui se prêtent un mutuel ap-pui, qui ne peuvent se passer les uns des autres, et qui, tousensemble, n’ont qu’un seul et même objet, la conservation etle perfectionnement de l’espèce humaine.
Si l’on ne peut dire de l’agriculture qu’elle est le premierdes arts, encore moins peut-on prétendre qu’elle est celuiqui exerce sur ses agents l’influence la plus salutaire. Il y a,si je ne me trompe, beaucoup d’exagération dans les effetsqu’on est convenu de lui attribuer sous ce rapport. A jugerde ces effets par les phrases banales de ses apologistes, il n’yaurait pas d’art plus propre à faire des hommes sains, ro-bustes, intelligents, moraux, sociables, etc. Que ne dit-on pasà la ville de la bonne santé des gens de la campagne? Com-bien de fois n’a-t-on pas remarqué que les ouvriers des villesétaient exposés à des erreurs de régime et à des écarts de
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II.