— 16 —
nos manufactures, ce n’est pas la dépression de notre marchéintérieur qui doit nous inquiéter Le plus, c’est la concurrenceétrangère, suite naturelle des progrès obtenus en Amérique eten Europe, dans la fabrication et le développement com-mercial. Nous ferons donc bien de considérer mûrement cettenature d’impôt. Car si nous continuons de charger nos manu-factures comme elles le sont maintenant, nous pouvons êtrecertains que les impôts nous amèneront le même résultat qu’ilsont produit en Hollande. Voici ce que dit à ce sujet M. Luzacdans son ouvrage sur la richesse de la Hollande : ci D’autres» examineront peut-être si ces taxes ont été judicieusement» placées ; si elles sont perçues avec l’économie convenable. Il» suffît ici d’observer que les manufactures de laine, de soie,
* d’or et d’argent, et une foule d’autres ont succombé après avoir» lutté longtems contre la progression de l’impôt. La Hollande» n’a sauvé du naufrage de ses manufactures que celles qui» n’ont pas étéexposées à la concurrence desautres nations ( 1 ). »Comme rien ne saurait être plus important que de rendregénérale la conviction de la nécessité absolue d’abolir les im-pôts sur les matières premières, nous allons faire quelques ob-servations sommaires sur les impôts qui sont le plus incompa-tiblas avec les •principes d’une sage politique, et le plus funestesdans leur application.
Le chanvre étant un article de première nécessité pour lamarine et les transports maritimes, et n’étant pas une produc-tion indigène, c’est à tort qu’on lui fait supporter un droit de4 livres sterling i3 shellings 4 pences par tonneau. Il contribueà augmenter le prix des voiles et des cordages; il est en completdésaccord avec les nombreuses dispositions législatives encoreen vigueur, qui ont pour objet la protection et l’encouragementde la marine. Il contribue également à augmenter le prix destoiles dont l’usage est le plus général, et en en diminuant laconsommation, il diminue aussi l’emploi du capital et de lamain d’œuvre.
(î) La richesse de la Hollande, vol. II. page