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Se g’ière Deus, je feroieLou siècle tout autrement,
Et millor gent i metroieCar ces n’i valent noiant.
Qant plus ont or et argent,
Vair et grix et drais de soie,Tant sont moins lairge metant ;Plus ke jeus usure prent.
Cis siècles faut et desvoieChascun jor trop malemant,
Et qant plux vos en diroie ?
Je n’i voi home joiant;
Et s’il muèrent ansimentÀ tout mil mairs en menoieComme sil ki n’ait noiant :
Trop se moinne folement.
Mon boen signor proieroieDe Vüaignonrut lou vaillantKe por Deu ne se recroie :
Il fut neis en boen croissant,Mult ait mis son pris avant,
K’il ne fauce ne ne ploieNe nulle fois se desmentNés ke piere d’aiemant *
* Nés ke piere cC aiemant, pas plus qu’une pierre d’aimant. Ceci rappelle le passage dela Bible Cnyot où il est question de la boussole. Peut-être Colins Muses fait-il ici allusion,non seulement aux qualités de l’aimant comme pierre, mais encore à l’aiguille aimantée, quine se dcment jamais ; ce serait alors une preuve de plus (et elles sont rares) qu’on la connais-sait au treizième siècle ; malheureusement ce que dit notre trouvère n’est pas assez explicite.
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