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Rapport à M. le Ministre de l'instruction publique, suivi de quelques pièces inédites tirées des manuscrits de la Bibliothèque de Berne / par Achille Jubinal
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Se g’ière Deus, je feroieLou siècle tout autrement,

Et millor gent i metroieCar ces n’i valent noiant.

Qant plus ont or et argent,

Vair et grix et drais de soie,Tant sont moins lairge metant ;Plus ke jeus usure prent.

Cis siècles faut et desvoieChascun jor trop malemant,

Et qant plux vos en diroie ?

Je n’i voi home joiant;

Et s’il muèrent ansimentÀ tout mil mairs en menoieComme sil ki n’ait noiant :

Trop se moinne folement.

Mon boen signor proieroieDe Vüaignonrut lou vaillantKe por Deu ne se recroie :

Il fut neis en boen croissant,Mult ait mis son pris avant,

K’il ne fauce ne ne ploieNe nulle fois se desmentNés ke piere d’aiemant *

* Nés ke piere cC aiemant, pas plus qu’une pierre d’aimant. Ceci rappelle le passage dela Bible Cnyot où il est question de la boussole. Peut-être Colins Muses fait-il ici allusion,non seulement aux qualités de l’aimant comme pierre, mais encore à l’aiguille aimantée, quine se dcment jamais ; ce serait alors une preuve de plus (et elles sont rares) qu’on la connais-sait au treizième siècle ; malheureusement ce que dit notre trouvère n’est pas assez explicite.

*