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L’arl et l’usage de la guerre.
Le latin les nomme milites,
Comme fleurs de milliers eslites,
Par leur bonté souverainementJadis convint qu’elleuz fussentLes chevaliers ainçois qu’eussentNom de chevaliers honorez ;
Mais après, par ellacion,
Et par multiplicacion,
De deniers vindrent frainz dorez.
Pour ce dit l’en que les noblescesNe sont qu’anciennes richesses ;
Mès à parler avec tes sages,
Je di que ces vraies noblescesSont bones meurs et grans proescesQui viennent de nobles courages.
Quel noblesce a le fil d’un conteQui est foulz et se vit à honte,
Et sans proesce, sans loenge ?
Pour ce ne trenche pas l’espéeQu’elle est dehors bien estoféeDe soye et d’orfroiz rengée.
Les dorez frains et espérons ,
Les cotes, les chaperonsDe quoyla façon .xx. mars cousteNe mectent pas le cuer ou ventreAu gentil homme quant il entreÀ guerroier ou à la jouste.
Celi est gentil et noble hommeQui sages est et vit si commeCeli qui ne veult nul mal faire...
Plus loin l’auteur dit de chevalerie :
Amer doit moult les personnesQui sont clers, quant elles sont bones ;Car onques royaume ne empireN’ot sanz clers bon gouvernement ;
Et jadis tout communémentChevaliers , roys, empereurs et princesSages et bien lectrez estoient,Régnoient et victoire avoient