( 83 )
ïel force n’ol Hector ne Achilies,Mais tout ce fait, Dieu qui la menue.
Et vous, gens d’armes esprouvez,
Qui faites l’exécution,
Et bons et loyaülz vous prouvez,Bien faire on éh doit mention ;
Louez en toute nationVous en serez et sans faillanceParle-en sur toute électionDe vous et de vostre vaillance.
Qui vos corps et vie exposezPour le droit en peine si dure ,
Et contre tous périls osezVous aler mettre à l’avanture ,
Soiés constans , car je vous jureQu’en aurés gloire ou ciel et los;
Car qui se combat pour droittureParadis gaingne , dire l’os.
Si rabaissez, Anglois, vos cornes,
Car jamais n’aurez beau gibier ;
En France ne menez vos sornes :Matez estes en l’eschiquier.
Vous ne pensiez pas l’aut’rierOù tant vous monstrez périlleux,
Mais n’estiez encour ou santierOù Dieu abat les orgueilleux.
Jà cuidiés France avoir gaingnéeEt qu’elle vous deult demourer;Autrement va, faulse mesgniée,Vous irés ailleurs tabourer,
Se ne voulez assavourerLa mort comme voz compaignons,Que loups porroient bien dévourer,Car mors gisent par les sillons.
Et sachez que par elle AngloisSeront mis jus sans relever,
Car Dieu le veult qui oit les voixDes bons qu’il ont voulu grever.
Le sanc des occis sans lever