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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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guet, MM. Cramer et Calandrini à Genève, Seigneux deCorrevon, Abraham Ruchat, Loys de Bochat et duLi-gnon à Lausanne. Ce dernier était un gentilhommefrançais, oncle de Loys de Bochat, qui sétait fixé danscette ville, il sétait fait connaître comme savant etcomme philanthrope. Fondateur des écoles de charité,qui sont encore à lheure quil est un des établissementsde bienfaisance du canton de Vaud, il entretenait unecorrespondance littéraire très-suivie avec Jean-BaptisteRousseau, alors à Soleure, lavait retenu le comte deLuc, avec le père Charlevoix, avec Brossette, le commen-tateur de Boileau, et dautres savants 1 2 . Jean-Pierre deCrousaz, alors au faîte de sa célébrité, se tenait un peuà lécart de ce groupe de collaborateurs actifs. B conti-nuait à doter le monde savant douvrages qui avaientun véritable mérite, quoiquils soient aujourdhui unpeu oubliés. Dans la fameuse affaire du Consensus \ il

1. M. du Lignon était très-savant dans la géographie. H a beau-coup travaillé au grand dictionnaire de La Martiniére.

2. Comme la dispute du Consensus est la grande affaire dans laSuisse française, au commencement du XVIII e siècle, et quelle a uncôté littéraire, nous devons en dire deux mots : Le formulairenommé le Consensus dut sa naissance à laversion que quelquesthéologiens suisses, comme J.-H. Heidegger de Zurich, FrançoisTurrettin, professeur à Genève, et Luc Gernler, professeur etantitèsà Bâle, avaient conçue pour ce quon appelait les idées de l'écolede théologie protestante de Saumur, brillaient Amyrault, Cappelet de la Place. Les théologiens suisses engagèrent les gouverne-ments des Etats protestants à dresser un formulaire contre lesdogmes quils trouvaient à propos de proscrire. Le Consensus futdonc approuvé par les Conseils de Zurich et de Berne, qui lim-posèrent en quelque sorte aux Eglises réformées de Glaris, dAp-