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qui dès l’adolescence avait semblé faire divorce avec sapatrie, commençait à remplir l’Europe du bruit de sonnom. En dépit de ruptures apparentes, le lien qui at-tachait cet homme illustre à Genève, ne cessa jamaisd’exister. Il est de secrètes sympathies qui survivent àtout et toujours. Ce serait un travail curieux à faireque de considérer Jean-Jacques Rousseau au point devue exclusivement genevois, en suivant dans ses diversouvrages toutes les traces, tous les signes qui peuventsentir et rappeler le terroir. Nous n’entreprendrons pascette tâche en son entier, mais cependant nous voulonsessayer de démontrer pourquoi Jean-Jacques n’auraitpu être Jean-Jacques ailleurs qu’à Genève, et commentses impressions de jeunesse durent nécessairementdonner à son esprit méditatif cette tournure qui en afait une individualité si éminente et si caractérisée.
Un critique célèbre, M. Sainte-Beuve, dans un articlede ses Causeries du lundi, sur les Confessions de Jean-Jacques Rousseau \ fait cette remarque judicieuse, queles premières pages sont trop accentuées, assez péni-bles, et qu’on y trouve tout d’abord un vide occasionné(expression de Rousseau) par un défaut de mémoire.
Un auteur genevois, le baron de Grenus, a de soncôté fourni les preuves de ces erreurs qui signalent lesdeux premiers livres des Confessions. Il montre queRousseau était dans une ignorance de bonne foi sursa parenté paternelle et maternelle, sur la position desa famille, qui d’un côté était plus relevée et de l’autre
1. 4 novembre 1850.