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« Je meurs d’envie d’avoir un livre qui ne se trouvequ’à Genève, où l’on dit même qu’il est fort défendu.Il est intitulé De l'origine du despotisme oriental, etattribué à feuM. Boulanger, que j’ai tant soit peu connu.Quand même il y aurait de la difficulté à l’avoir, la dif-ficulté ne serait pas pour vous, et j’en ai la passion, qu’ilfaut que vous satisfaisiez. Rien de plus sûr que de l’en-voyer tout bonnement par la poste à M. Fabri de Gex,pour M. l’intendant de Bourgogne, avec mon adressefermée, et une sur enveloppe. M. l’intendant me faitvenir ainsi de Genève tout ce que je veux.
» Comment gouvernez-vous les lettres à présent?Quoique vous soyez louable de leur avoir préféré desfonctions encore plus intéressantes pour le bien public,je ne puis m’empêcher d’y avoir regret. Je vais vous en-voyer les livres que vous me demandez pour votreBibliothèque publique. M. Cramer m’a témoigné le désird’imprimer mon Salluste. C’est l’ouvrage de ma vie quim’a coûté le plus de temps, de travail et de recherches.Je me suis surtout déterminé à lui donner la préférence,dans la pensée qu’il y mettra plus de soin et d’exactitudeque nos libraires de Paris, accoutumés à imprimer né-gligemment de frivoles brochures. Mais auparavant, jeveux mettre M. Cramer à l’épreuve dans un autre ou-vrage, où je ne veux pas que mon nom paraisse. C’estl’affaire d’un médiocre in-12°. Je vous prierai d’en soi-gner les épreuves. La persécution littéraire est extrêmeici depuis le livre trop hardi et intolérable d’Helvétius,qui a tout perdu. Il n’est plus possible d’écrire, et si je