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De Félice embrassa la religion réformée, et se maria.Des besoins nouveaux le portèrent à chercher des res-sources nouvelles. Son esprit inventif l’eut bientôt missur la voie. Il comprit le pays, ses besoins, ses res-sources, et la merveilleuse facilité que la liberté relativedont y jouissait la presse, toutes les fois qu’elle ne tou-chait pas aux affaires de l’Etat et du gouvernement,donnait à un imprimeur instruit et actif. Notre Napoli-tain fonda donc l’imprimerie d’Yverdon, qui porta sonnom, et dont les produits se répandirent dans le mondeentier.
De Félice contrefaisait d’une manière économiquetous les meilleurs ouvrages qui paraissaient en France;il en imprimait denouveaux, et en composait lui-même.Il trouvait encore le temps nécessaire pour diriger unétablissement d’éducation sur un nouveau plan. 11 futsous ce rapport le père des théories pédagogiques quiont eu tant de vogue en Suisse à la fin du dix-huitièmesiècle 1 . La simple nomenclature des ouvrages éditéspar de Félice occuperait une vaste place. Nous citeronsseulement ses nombreux écrits sur le droit naturel etsur le droit des gens, sur la philosophie et la logique,sur l’histoire et la biographie. Les grands voyages, lescorps d’histoire, les recueils littéraires étaient repro-duits par les presses d’Yverdon avec une correction quidonnait à ces éditions la valeur des éditions originales.
De Félice sentit aussi le besoin d’avoir un journal
1. Discours sur la manière de former le cœur et l’esprit des en-fants, par F.-B. de Félice. Yverdon, 1763, in-8°.