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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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dépôt public dans lequel chacun puisse tirer les éclair-cissements quil désire. Les femmes ne lisent point, oudu moins peu. Pourquoi cela? Parce que les livres nousmanquent. Nous avons bien chez des loueurs de livresquelques romans, qui ne sont pas toujours choisis, et àdéfaut dautres, quelques-unes de nos dames les lisentavec empressement. Elles chercheraient inutilementdans ces boutiques le Spectateur, le Mentor moderne,lHistoire de France, celle dAngleterre. Or, ces ouvragesseraient la base dune bibliothèque publique, et si unefois on les a goûtés, ils feront disparaître cette foule delivres à qui on fait grâce en disant quils ne renfermentrien. »

Au nombre des bienfaiteurs de la bibliothèque deMorges, nous voyons figurer Charles Bonnet, Haller,Palissot, le baron de Pœllnitz, Tissot et Voltaire.

A Rolle, MM. de Saïgas, gentilhomme français dela maison de Narbonne; Pelet, ancien gouverneur duduc dYork, et Favre, docteur en droit, avaient desbibliothèques particulières, très-bien fournies, quiétaient au service de tous les gens de lettres, même deGenève *.

A Nyon, M. Reverdil, de retour de Copenhague,il avait fait léducation dun prince de Danemarck, etil avait été lié avec Struensée, avait aussi le goût des

1. La bibliothèque Favre appartient aujourdhui à la ville deRolle, qui la déposée dans un local au château, elle est à la dis-position du public, moyennant une légère rétribution. Le Cataloguea été imprimé.