Un autre ministre, Elie Bertrand, d’Yverdon, d’unefamille de réfugiés français, avait été nommé profes-seur de belles-lettres à Neuchâtel. Il s’acquittait de sesfonctions à la satisfaction générale, quand il fut accuséd’avoir, en sa qualité de membre directeur de la Sociététypographique de Neuchâtel, consenti à l’impressiondu Système de la nature du baron d’Holbach. Elie Ber-trand, bien que généralement aimé et considéré, futcassé de ses fonctions par le Conseil de la ville de Neu-châtel. Après avoir été quelques années en Pologne, ilse retira dans un domaine de montagne, appelé le Thé-venon, qu’il possédait au-dessus de Grandson *.
Une autre affaire de presse, assez curieuse, eut lieudans le même temps à Neuchâtel, à propos d’une ques-tion en apparence toute fiscale. D’après les anciennescoutumes, le prix des grains et du vin était fixé chaque
pierre, lue en Classe le 19 juin 1760; 2° une Histoire de ses dé-mêlés avec la Classe ; 3° les Considérations pour les peuples del’Etat, ou examen des articles généraux pour servir à la solution dudifférend qui s’est élevé entre la Classe et la commune de la Chaux-de-Fonds; 4” Mes Réflexions, ouvrage relatif à ces dissensions, parle ministre J.-Abr.-S. Sandoz, 1761.
I. Elie Bertrand a publié de nombreux ouvrages sur l’histoirenaturelle, les fossiles, les montagnes. 11 est aussi auteur de Recher-ches sur les langues anciennes et modernes de la Suisse, et principale-ment du Pays de Yaud; Genève, 1758; et d’un livre intitulé le Tlié-venon, sorte de traité de philosophie pratique, où l’on trouve deschoses intéressantes.
Jean Bertrand, premier pasteur d’Orbe, frère d'Elie, est connupar d’excellents écrits agronomiques. L’un et l’autre ont travaillé àla grande Description des arts et métiers, publiée à Neuchâtel, avecdes planches nombreuses. Cet ouvrage capital est toujours estimé.