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sait très-médiocrement, à quelques exceptions près.Elle avait à un haut degré le sentiment littéraire, etdéjà en Hollande elle avait composé quelques essais,un conte intitulé le Noble, et divers portraits, genrealors fort à la mode. Elle n’avait fait qu’entrevoir lasociété de Lausanne, où elle avait été présentée, et cettesociété lui avait laissé une impression qui n’était pas àl’avantage de celle de Neuchâtel. Celle-ci lui paraissaitégoïste, préoccupée de choses mesquines, tracassière.
«Où trouver, écrivait-elle à un ami, quelque enthou-siasme, quelque persuasion que l’homme peut valoirquelque chose? L’imagination se dessèche en voyant toutce qui est, ou bien on se croit fou, quand on s’est émuquelques moments pour ce qu’on croyait qui pouvaitêtre. Le temps d’une certaine simplicité romanesque decœur s’est prolongé pour moi outre mesure ; mais peut-il durer toujours et malgré la sécheresse de ma situa-tion? En fait de littérature, hors M. du Peyrou , quidicte presque tous les jours à son valet de chambre unbillet, pour moi, et à qui j’écris aussi presque tous lesjours, il n’y a personne que je puisse occuper un quartd’heure de suite de ce qui m’intéresserait le plus vive-ment. Quand il s’agirait d’un livre comme l’Esprit deslois, personne n’y prendrait garde qu’en passant. Le tri-trille', l’impériale, les nouvelles de France, absorbenttout. Je vous dirai franchement que Colombier estdans ce moment un vilain endroit, bien boueux, où lebruit des gerles ou vases de vendange, cahotant sur
i. Sorte de jeu de cartes alors à la mode.