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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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des mœurs étrangères. Il était de mauvais Ion de soccu-per de ce qui se passait dans notre propre foyer. Cettetendance, secondée par la politique desgouvernements,qui aimaient à voir les sujets sintéresser aux choses dudehors plutôt quaux leurs propres, était brusquementfroissée par lapparition des Lettres de Lausanne et desLettres Neucliâteloises, qui constituaient une véritableréaction en faveur de la nationalité et de la littératurenationale. De tant de colère et dinjustice. Quoi demoins fondé, par exemple, que le reproche quon adres-sait à M mc de Charrière de ne pas parler le français,parce quà dessein, et pour donner à ses livres un ca-chet plus vrai, elle y avait glissé quelques idiotismes.M. Sainte-Beuve a rendu justice à ce style : « Cest dumeilleur français, du français de Versailles, que celui deM me de Charrière. Elle ne paie presque en rien tributau terroir 1 .

Dans une seconde édition des Lettres Neucliâteloises(car la mauvaise humeur et la susceptibilité des coteriesne nuisirent pas au succès), M me de Charrière plaça quel-ques vers en guise dapologie :

Peuple aimable de Neuchâtel,

Pourquoi vous offenser dune faible satire ?

De tout auteur cest le droit immortelQue de fronder peuple, royaume, empire ;

Sil dit bien, il est écouté,

On le lit, il amuse, et parfois il corrige.

I. Notice sur M me de Charrière, en têle dune nouvelle édition deCaliste. Paris, 1845.