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miss Inchbald et de l’allemand Gertrude de Wart,de M. Appenzeller.
Le Nouveau Journal Helvétique de Neuchâtel 2 , quin’était que l’ancien Journal Helvétique, régénéré etrajeuni par un nouveau rédacteur, le ministre Henri-David Chaillet, dont la critique était aussi originaleque juste et spirituelle, osa prendre la défense des Let-tres Neuchâteloises : « Ce n’est qu’une bagatelle assu-rément, mais c’est une très-jolie bagatelle ; mais il y ade la facilité, de la rapidité dans le style, des choses quifont tableau, des observations justes, des idées qui res-tent ; mais il y a dans les caractères cet heureux mé-lange de faiblesse et d’honnêteté, de bonté et de fougue,d’écarts et de générosité, qui les rend à la fois atta-chants et vrais; il y a une sorte de courage d’esprit danstout ce qu’ils font, qui les fait ressortir, et je soutiensqu’avec une âme commune, on ne les eût point in-ventés. B
Les Genevois jugèrent les essais de M me de Charrièreavec plus d’esprit que leurs voisins. Une femme très-spirituelle, très-genevoise (écrit M me de Charrière à unede ses amies d’Angleterre), dit à une autre : « On ditque c’est tant bête, mais cela m’amuse. » Ce mot meplaît extrêmement. dit que tout le monde pou-
vait faire un pareil livre. « Essayez ! b lui dit son frère.
1. La Nature et l’Art, roman par miss Inchbald, auteur de Simplehistoire, nouvelle traduction par M 11 » de Gélieu et M me de Charrière.Paris (Neuveville), 1797, in-8°.
2. Nouveau Journal helvétique, ou annales littéraires et politiquesde l’Europe, et surtout de la Suisse. 1782—1784.