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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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parents, certifiées par main de notaire, des magistratsmunicipaux dAubonne, de ses propres domestiques 1 .

Cependant, M me de Charrière était désolée de tout cebruit, de ce scandale bien involontairement provoqué.Elle publia de son côté une déclaration : « Cest lauteurdu Mari sentimental qui veut avoir lhonneur de vousdire, combien il est au désespoir de lacharnement aveclequel on laccuse davoir voulu faire lhistoire de votremariage. Je lais ici serment devant Dieu, que je naijamais vu M. Caillat, que je nai jamais entendu détail-ler son portrait ; que je nai jamais été à Aubonne; queje nai jamais été chez vous, Madame, ni chez votrebeau-frère ; que je nai jamais eu aucune connaissancede ce qui regarde lintérieur de votre maison, ni de lasienne. Je proteste avec serment que les anecdotes duportrait, du cheval, du chien, des porcelaines, ainsique des domestiques, sont toutes de mon invention,et que jamais je ne les ai entendu raconter à personne.Cependant on mécrit de Genève que tout est vrai, etque même il y a des lettres originales de M. Caillat. Envérité, Madame, il y a dans votre ville presque autantde méchanceté que desprit. Mais je ne croyais pas quily eût autant de ces petits esprits, petits et méchants,qui font des applications, qui cherchent toujours enmal, et qui ne trouvent dautre plaisir et dautre profità faire dans leur lecture. Javoue quayant voulu peindre

1. Attestation de S1M. Charbonnier, banneret, Grivel, Boinod;Aubonne, 1784 Déclaration de Louise Augy, veuve Voignon ;Aubonne, le 3 février 1784.