parents, certifiées par main de notaire, des magistratsmunicipaux d’Aubonne, de ses propres domestiques 1 .
Cependant, M me de Charrière était désolée de tout cebruit, de ce scandale bien involontairement provoqué.Elle publia de son côté une déclaration : « C’est l’auteurdu Mari sentimental qui veut avoir l’honneur de vousdire, combien il est au désespoir de l’acharnement aveclequel on l’accuse d’avoir voulu faire l’histoire de votremariage. Je lais ici serment devant Dieu, que je n’aijamais vu M. Caillat, que je n’ai jamais entendu détail-ler son portrait ; que je n’ai jamais été à Aubonne; queje n’ai jamais été chez vous, Madame, ni chez votrebeau-frère ; que je n’ai jamais eu aucune connaissancede ce qui regarde l’intérieur de votre maison, ni de lasienne. Je proteste avec serment que les anecdotes duportrait, du cheval, du chien, des porcelaines, ainsique des domestiques, sont toutes de mon invention,et que jamais je ne les ai entendu raconter à personne.Cependant on m’écrit de Genève que tout est vrai, etque même il y a des lettres originales de M. Caillat. Envérité, Madame, il y a dans votre ville presque autantde méchanceté que d’esprit. Mais je ne croyais pas qu’ily eût autant de ces petits esprits, petits et méchants,qui font des applications, qui cherchent toujours enmal, et qui ne trouvent d’autre plaisir et d’autre profità faire dans leur lecture. J’avoue qu’ayant voulu peindre
1. Attestation de S1M. Charbonnier, banneret, Grivel, Boinod;Aubonne, 1784 — Déclaration de Louise Augy, veuve Voignon ;Aubonne, le 3 février 1784.