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d’analogie avec leur propre histoire. M. et M 1 ” 6 Hubervivaient donc à Bôle, tout près de M me de Charrière,dont ils traduisaient aussi les ouvrages en allemand.C’est dans cette société bizarre, mais spirituelle, queBenjamin Constant venait se réfugier et se délasser deses ennuis de cour 1 et de ses tracasseries matrimo-niales, car il s’était laissé marier à Brunswick, assezmalheureusement, avec une jeune personne attachée àla duchesse régnante. Un divorce fut prononcéen 1790,presque aussitôt a près cette union.
M me de Staël avait connu M nie de Charrière à Paris,dans la société genevoise, chez M. Thélusson et chez
1. Benjamin Constant s'était arrêté chez Heyne, en allant àBrunswick. Il avait fait la cour à sa tille, qui devint successive-ment M" 10 Forsler etM mo lluber.
« Mon entrée chez la fille du professeur Heyne a fait tableau,écrivait-il à M 1110 de Charrière, le 28 février 1788. Imaginez unechambre tapissée de rose avec des rideaux bleus, une table avecune écritoire, du papier avec une bordure de fleurs, deux plumesneuves précisément au milieu, et un crayon bien taillé entre cesdeux plumes, un canapé avec une foule de petits nœuds bleu deciel, quelques tasses de porcelaine bien blanche, à petites roses,deux ou trois petits bustes dans un coin. J’étais impatient de savoirsi la personne était ce que cet assemblage promettait. Elle m’aparu spirituelle et sensée.
» Il y a des traits distinctifs que les filles de professeur allemandne manquent jamais d’avoir : mépris pour l'endroit qu elles habi-tent, plainte sur le manque de société, sur les étudiants qu’il fautvoir, sur la sphère étroite et monotone où elles se trouvent; pré-tention et teinte plus ou moins forcée de romanesquerie, voilàl'uniforme de leur esprit; et M" 8 Heyne, prévenue de ma visite,avait eu soin de se mettre en uniforme.
» Mais à tout prendre, elle est plus aimable et beaucoup moinsridicule que les dix-neuf vingtièmes de scs semblables... »