liée par des services et une bienveillance réciproque,les Narbonne, Laily, Matthieu Montmorency, enfinles nobles constituants, n’espéraient pas quelque chosedes personnes qui sont dans la faveur du roi. Si celaétait, je craindrais les maladresses des présomptueux,la précipitation des étourdis. Oh Dieu ! quels pilotespour s’embarquer avec eux, et leur confier son honneuret son repos ! M me de Staël venait de chez M. de Garville,où il y a des Français; d’Anet, où il y en a aussi, laprincesse de Broglie et d’autres. M. de Narbonne l’avaitaccompagnée; mais il s’est rendu suspect ou désagréableau gouvernement de ce pays ; car on a lu son signale-ment dans les justices de villages, avec défense de l’hé-berger. On dit que c’est à la réquisition de M. Barthé-lemy, l’ambassadeur français. De retour à Lausanne,M me de Staël a vu Constant, et ils se sont admirés l’unl’autre. Elle lui a témoigné un extrême engouement,et lui, il m’est venu dire le sien pour elle. Vraiment, larapidité de son esprit et l’agrément de son élocutionsont remarquables. Il y a de quoi la faire imaginer belle,tandis qu’on la voit laide. Je voudrais que vous l’eussiezvue. Constant est reparti presque aussitôt après êtrearrivé. Il a fait ce qu’il a pu pour les Huber, et son ap-parition à Bôle leur a été favorable. Il y a mis du siende toutes manières. Les pères Heyne et Huber parais-sent disposés à prendre des arrangements paternels.La dame grossit à vue d’œil, et paraît prévoir avec sa-tisfaction
« Quelque petit savant qui veut venir au monde. »