géologique, les Lettres physiques et morales sur l’his-toire de la terre et de l’homme 1 2 . En 1787, il donnases Lettres sur quelques parties de la Suisse, qui sontpleines de descriptions pittoresques, de réflexions mo-rales et de vues sur l’agriculture, l’économie politiqueet l’histoire. C’est dans ce livre que Jean-André De Lucse félicite du bonheur dont il a joui dans la société deJean-Jacques Rousseau, auprès duquel son père, Fran-çois De Luc, le bon De Luc 1 *, comme l’appelait l’auteurd’Emile, l’avait conduit à Motiers en 1765. Comme écri-vain, il appartient directement à l’école de Rousseau.
En 1798, Jean-André De Luc publia ses Lettres surl’histoire physique de la terre, dans lesquelles il com-plète et corrobore ses hypothèses, toujours en suivantles faits signalés par De Saussure, et les circonstancesrelatives aux lacs de Genève, de Joux, de Neuchâtel,
1. La Haye, 6 vol. in-8°. Elles sont dédiées à la reine d’Angle-terre, qui s’était déclarée la protectrice de De Luc. Celte princesse,née Sophie-Charlotte de Mecklembourg, le nomma son lecteur etlui accorda un logement à Windsor.
2. François De Luc avait composé deux livres, l’un contre la Fabledes Abeilles, ou les fripons devenus honnêtes gens, de Mande ville, ou-vrage aussi ennuyeux que paradoxal, et l’autre Sur les écrits dequelques savants incrédules.
Rousseau, qui aimait et estimait l’auteur, mais qui n'était pas tou-jours disposé à recevoir ses amis dans sa solitude, écrivait à Moul-tou : « De Luc est un excellent ami ; c’est le plus honnête et le plusennuyeux des hommes. Cependant je ne l’ai pas trouvé tout-à-faitaussi assommant qu’à Genève. Il m'a laissé ses deux livres; j'aimême eu la faiblesse de lui promettre de les lire; et de plus, j’aicommencé. Bon Dieu, quelle tâche! Moi qui ne dors point, j’ai del’opium au moins pour deux ans! »