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fermier général, fut l’éditeur, de 1780 à 1788. Ce livresomptueux est rempli d’estampes plus soignées qu’exae-tes, mais la partie du texte rédigée par Zurlauben aconservé toute sa valeur. C’est encore un livre essentielpour notre histoire. Les articles d’histoire naturellesont d’un Alsacien, Besson, mort en 1807.
Le nombre des dissertations, mémoires, articleshistoriques, que Zurlauben a fourni aux recueils desAcadémies dont il était membre, est immense. Il a laissébeaucoup de manuscrits intéressants, qui ont été dépo-sés, avec sa magnifique collection de livres, dans laBibliothèque publique d’Aarau. Ces richesses sont en-core consultées journellement par tous ceux qui s’oc-cupent en Suisse d’histoire nationale ; car il se passerabien du temps avant qu’un autre savant consacre tantde peines, de science et d’argent à réunir de pareillesarchives 1 . L’illustre Jean de Muller, plus que nul autre,a su mettre à profit ces trésors. Bien que ce célèbrehistorien suisse ait écrit en allemand le livre qui a faitsa réputation, il en a conçu le plan dans la Suisse fran-çaise ; on pourrait même dire qu’il en a composé pri-mitivement les premières parties en français. On saitque Jean de Muller, à sa sortie de Schafïhouse, sa patrie,passa plusieurs années à Genève et dans le Pays deVaud. Ce fut en 1772 qu’il arriva à Genève, dans lamaison deM. Tronchin-Calandrini, frère du procureur-général Troncbin-Boissier, dont Montesquieu avait dit
1. Le baron de Zurlauben mourut à Zug, en 1795. Avec lui s'é-teignit la descendance mâle de sa famille.