en vers français, et il eut soin de l’envoyer à ses amiedes bords du Léman. Le livre est dédié au poète zu-ricois :
Toi qui fais répéter aux échos d’Helvélie
Les sons harmonieux de tes tendres accents,
Toi qui sais charmer par tes chantsEt la France et la Germanie,
Gessner, permets qu’à tes talentsRendant le plus sincère hommage,
Je te présente tes enfants,
Qui, sans changer de mœurs, ont changé de langage.
En sortant.de tes mains, ils valaient beaucoup mieux;Ils parlaient comme la nature.
Ce fut dans cette source pure
Que tu pris les attraits qu’on admirait en eux... etc.
Nous citerons encore, pour montrer que déjà lapoésie n’était pas totalement inconnue à nos auteurs,la Chanson d’un Suisse à sa tnaîtresse armée, à l’occa-sion du trait si connu des femmes de Zurich, qui avaientendossé la cuirasse quand Albert d’Autriche faisait lesiège de leur ville ;
Que vois-je? Une jeune belleChoisir un tel ornement !
Quelle lumière étincelleSous ce casque éblouissant ?
Au gré du vent ton panacheVoltige avec tes cheveux ;
Le folâtre Amour s’y cacheEt partout lance ses feux.