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qu’à ce moment, j’avais regardée comme tout au moinsaussi difficile que le moins croyable des exploits demon héros, et qu’il fallait voir mise aussi heureusementà fin pour la croire possible.
» En effet, s’il y a quelque chose qui égale l’admira-tion que cette preuve d’héroïsme littéraire m’inspire,ce ne peut être que l’excès de politesse et d’honnêtetédont vous avez bien voulu, Monsieur, me comblera latête de votre charmant ouvrage, et l’extrême modestieavec laquelle vous en rabaissez le mérite, pour en ajou-ter à celui qu’une heureuse prévention fait trouver mesamis au mien. Trop intéressé à souhaiter que le publicpartage vos sentiments sur celui-ci, et qu’on ne voustrouve pas à plaindre d’avoir employé tant de peines àquelque ouvrage plus digne et plus susceptible d’êtrerevêtu des grâces du langage des Racine et des Vol-taire, je me borne à vous remercier, Monsieur, avec laplus vive reconnaissance, de votre beau présent. Je sou-haite au reste de bien bon cœur que le génie bienfai-sant qui opère tant de miracles dans le poème d’Oberon,y ajoute encore celui d’aveugler vos lecteurs françaissur les défauts de l’original que vous n’avez pu leur ca-cher entièrement, et de ne leur laisser des yeux quepour les beautés de votre traduction, qui mérite à biendes titres d’être accueillie comme un original, que vousvenez de donner à la littérature française.
» J’ai l’honneur d’être, etc.
» WlELAND.
» A Weimar, ce 16 avril 1784.