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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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empreintes dune certaine grossièreté. Ces jeunes gensnavaient accès ni dans lune ni dans lautre des deuxsociétés qui tenaient le haut bout et donnaient le tondans la capitale du Pays de Vaud, la société de la ruede Bourg et celle de la Cité. La première, figuraientles gentilshommes, les officiers au service étranger, lebailli bernois et son entourage, était celle qui avait na-guère accueilli Voltaire, et qui avait continué de jouerla comédie après lui. Elle était douée dinstincts litté-raires, à défaut dun goût prononcé pour létude. Laseconde société, celle que préférait Gibbon, celleavait été élevée M lle Curchod, devenue M mc Necker, étaitmoins élevée dun degré dans la hiérarchie mondaine.Cette société de la Cité, composée essentiellement deprofesseurs, decclésiastiques, de magistrats munici-paux, de quelques avocats et des premiers médecins deLausanne, entre autres de Tissot, le célèbre auteur del-Am au peuple sur sa santé, nétait pas non plus unegrande ressource pour un jeune homme avide de con-naissances littéraires. Frédéric-César de La Harpe, alorsjeune avocat à Lausanne, et qui ne prévoyait pas encorela fortune qui lattendait à la cour de Russie, la dépei-gnait ainsi à son patron, le docteur Favre de Rolle :

« Linerlie de penser et dagir affecte lesprit desindividus, celui des grands corps, et même celui qui,dans tous les pays, est regardé comme le dépositaire dela science. La triste pédanterie, lintrigue, régnent danslAcadémie 1 comme dans son empire. On ne sait quy

1. Une chaire de droit avait été ajoutée à lAcadémie de Lau-sanne, qui, petit à petit, cessait dêtre exclusivement théologique.