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Il serait facile de relever dans ces vers quelques né-gligences, quelques tournures peu françaises; mais, àtout prendre, c’est de la poésie. Fidèle à son procédéréaliste, Bridel continua à peindre nos paysages d’aprèsnature. Il fait suivre la description d’un Clair de Lunede cette note : « J’ai décrit cet effet après l’avoir ob-servé plusieurs fois sur les bords du Léman ; j'ai essayéd’en rendre tous les détails. Cette exactitude à prendretous les effets de la lune sur le lac ne sera pas du goûtde tout le monde, et surtout de ces hommes qui préfè-rent les esquisses aux tableaux finis. Mais c’est parti-culièrement pour les habitués des bords du lac que j’aifait ce morceau de poésie descriptive. » Dans une autrenote de la même pièce, l’auteur nous explique qu’il acontribué de tous ses efforts à faire prévaloir le nom delac Léman sur celui de lac de Genève, que Voltaireavait préféré. « Le nom de Léman est préférable par sahaute antiquité; Lucain l’avait employé dans le pre-mier chant de la Pharsale. Consacré par l’antiquité, ilappartient aux Muses. »
Quand une fois il fut remis dans le chemin du calmeintérieur et de la gaieté, Philippe Bridel se mit à s’exer-cer sur quelques sujets badins. Il fit même des épi-grammes, de concert avec son frère Louis, sur la coif-fure des dames, qu’il proposait d’imposer. Il voulaitfaire payer un louis à celle qui
De plus d’un pied de haut,
Bâtit de ses cheveux l’élégant édifice.
Il fit aussi le plan d’un traité sur les enseignes pu-