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chain rendez-vous fut assigné à Schinznach, le 3 mai1761. Dès la seconde année, la Société helvétique réu-nit vingt-cinq membres, et elle en comptait plus decent quand Philippe Bridel y fut agrégé. Le trait leplus remarquable de cette fondation, c’est qu’ellecompta, presque dès son origine, des citoyens suissesdes deux confessions. C’était un fait nouveau, inouïdans l’histoire de la patrie, puisque catholiques et ré-formés n’avaient cessé de se considérer d’un œil défiantet presque ennemi depuis les guerres de religion. Parmiles premiers agrégés, on remarquait Hirzel, Bodmer,Gessner, Lavater, Relier, Schinz de Zurich, deux Be-roldingen d’Uri, Zimmermann de Bruck en Argovie,Frey, Ochs, Bernouilli de Bâle, Planta des Grisons,Balthasar de Lucerne, Bonstelten de Berne, Zellwegerd’Appenzell, Im Thurn de Schaffhouse, Glutz de So-leure ; noms à la fois chers à la patrie et à la science.Le prince Louis-Eugène de Wurtemberg, qui habitaitLausanne, se fit recevoir membre honoraire en 1765.Au bout de quelques années, la Société helvétique pos-sédait non-seulement l’élite des citoyens des treize can-tons, mais encore de Saint-Gall, de Mulhouse, deBienne, de Genève, de Neuchâtel. L’impulsion que lanouvelle association donna à l’esprit public ne tardapas à se faire sentir. Voulant montrer ouvertementqu’elle ne visait à aucun but qui ne pût être avoué, elleentreprit de publier un petit ouvrage périodique pourencourager l’amour de la patrie et de la vertu. Tel futle but de l’Almanach helvétique (Helvetischer Kalen-