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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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le Pays de Vaud, à Neuchâtel, comme chez eux. Ils dis-posaient des presses suisses comme des leurs, et la lit-térature devint un auxiliaire de lémigration. Les gensde lettres de Genève, de Lausanne, de Neuchâtel, com-mençaient à se préoccuper bien plus des affaires deParis, de Versailles, des débats des Etats-Généraux etdelà coalition des puissances contre la France, que despièces nouvelles, du Mercure, des rivalités et des cote-ries des petites villes helvétiques.

Les facilités que trouvaient les auteurs pour faireimprimer leurs ouvrages, les moyens davoir un éditeur,manquèrent bientôt totalement. « Manget est le seullibraire de Genève, écrivait M. de Saïgas, qui fasse en-core quelque chose, et il ne veut rien entreprendre pourson compte. » A Neuchâtel, Fauche-Borel, limprimeurdu roi, au lieu de vendre comme jadis les œuvres deBonnet, de De Saussure, les Délices de la Suisse, deRuchat, rajeunis et augmentés, se mit à imprimer pourle compte des émigrés toutes sortes de pamphlets et demanifestes, VAlmanach des sujets fidèles, et tout ce quipouvait servir la cause royaliste. Il fit plus : il se mit auservice de cette cause, abandonna son commerce, et,sous prétexte daller offrir à Pichegru, commandant delarmée du Rhin, de lui dédier les ouvrages manuscritset inédits de Jean-Jacques Rousseau, déposés dans laBibliothèque de Neuchâtel 1 , il se mit en relation intime

1. Au nombre des principaux manuscrits inédits de J.-J. Rous-seau, qui furent déposés dans la Bibliothèque de Neuchâtel, aprèsla mort de 31. Du Peyron, nous citerons un Discours sur les Richesses,qui a été imprimé récemment par les soins de M. Félix Bovet, bi-