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cesse renouvelées au sujet d’une invasion des Fran-çais en Suisse : « Si Genève tombe, si le Pays de Yaudest menacé, sans songer précisément à faire retraite,j’ai à tout événement deux bons chevaux dont je mesuis pourvu, et cent louis en or. Zurich deviendra pro-bablement mon quartier d’hiver, et avec la sociétédes Necker tout séjour m’est agréable. » En 1793,quoique le danger ne fut pas encore imminent, Gibbonquitta en effet Lausanne, qui avait perdu pour lui tousses charmes, et alla mourir en Angleterre an commen-cement de 1794. Avec lui la meilleure partie de l’an-cienne société de Lausanne sembla disparaître et s’éva-nouir.
Necker était alors revenu en Suisse, mais chagrin,inquiet et malade. « L’on dit que lui, sa femme et safdle (mandait à M me de Charrière M. de Saïgas), étaientconsumés de vapeurs et d’ennuis à Montpellier. Lesstoïciens avaient bien raison de recommander de serendre indépendant des choses hors de soi. Mais si leprécepte est bon, il faut avouer qu’il n’est pas aisé àmettre en pratique. » M me Necker, de retour en Suisse,venait d’y publier ses Réflexions sur le divorce, quicontrastaient d’une manière si frappante avec les idéesqui prévalaient en France, quand elle succomba à uneatteinte d’une maladie de nerfs, qui lui rendait de-puis longtemps l’existence très-pénible 1 . Moins connuecomme écrivain que son mari et sa fille, M me Necker
1. Née en 1740, M 1 ” 8 iVecker mourut au château de Coppet en1796.