50d
est-ce ma faute. Enfin, je désire que Mallet et Ferrand,Ferrand et Mallet, soient oubliés, et la république pai-sible. Si alors de nouveaux Marat, Robespierre, etc.,viennent la troubler, et qu’ils ne soient pas aussitôtécrasés qu’aperçus, j’abandonne l’humanité et j’abjurele nom d’homme. »
De tous les écrivains de la Suisse française qui ontm : s leur talent et leur activité au service de la causecoir.i^e-révolutionnaire, Mallet-Dupan est sans contreditle plus fécond et le plus remarquable. Né à Genève en1750, il était déjà professeur et auteur à vingt-cinq ans,puisqu’il publiait à Cassel, en 1776, un discours surVInfluence des lettres sur la philosophie. Il correspon-dait avec Voltaire, qui l’avait placé en Allemagne, et,quelques mois après, il s’associait avec Linguet pourla publication des Annales politiques, qu’il continuaaprès lui à Genève sous le titre de Mémoires historiquessur V état présent de l’Europe'. En 1782, il écrivaitsur la révolution de Genève, et mécontentait égalementles deux partis 2 . C’est ce qui l’engagea à retourner àParis, où il continua ses Mémoires historiques, sous letitre de Journal historique et politique de Genève. C’estce recueil qui devint la partie politique du Mercure deFrance, et qui fut assez facile à rédiger jusqu’à 1789.Alors deux partis se présentèrent : celui du mouve-ment, que prirent presque tous les écrivains politiques,et celui de la résistance, qu’embrassa Mallet-Dupan
1. 1779—1782 ; 5 vol. in-8°.
2. Sur la dernière révolution de Genève ; 1782.
20