LIY. V, CHAPITRE III.
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de trouver en Barbarie des débouchés pour les marchandi-ses et les esclaves dont ils s’emparaient, ne pouvaient man-quer de donner plus d’extension à leurs courses maritimes,et de faire de nouveau trembler les côtes d’Espagne etd’Italie. Aussi Charles-Quint, roi d’Espagne et des Deux-Siciles, et empereur d’Allemagne, résolut d’arrêter les pro-grès des Ottomans. Prenant parti pour les Abou-Hafs, ilfit en 1535 les préparatifs d’une expédition contre Tunis.Des troupes appelées des Pays-Bas, de Naples et de Sicile,arrivèrent en toute hâte à Cagliari, où était indiqué le ren-dez-vous général ; il se mit lui-même à leur tête, et, aprèsune courte navigation, débarqua non loin des ruines deCarthage. Barberousse avait approvisionné le fort de la Gou-lette; mais il n’avait pu attirer à sa cause les tribus arabes,indifférentes au résultat de la lutte engagée. La Goulette,bravement défendue par le renégat juif Sinân, fut emportéepar les Allemands , les Espagnols et les Italiens, animés dela plus vive ardeur. Tunis elle-même, après une dérouteque Barberousse essuya sous ses murs, fut forcée , par dixmille esclaves chrétiens qui avaient rompu leurs chaînes,d’ouvrir ses portes au vainqueur. Elle ne put éviter le pil-lage , et toutes ses richesses devinrent la proie des soldatsde Charles-Quint. Le prince de la famille des Abou-IIafs ,dont Charles avait embrassé les intérêts , fut rétabli sur letrône aux conditions suivantes: 1° qu’il tiendrait le royaumede Tunis en fief de la couronne d’Espagne ; 2° que les es-claves chrétiens seraient remis en liberté sans rançon ;3° que les sujets de l’empereur auraient dans son royaumela liberté de faire le commerce et de pratiquer la religionchrétienne; 4° qu’il y aurait dans le fort de la Goulette unegarnison espagnole, pour l’entretien de laquelle il payeraitdouze mille écus ; 5° que tous les ports du royaume de Tu-nis seraient remis entre les mains de l’empereur (1535).Charles-Quint donna en même temps Tripoli aux chevaliersde Saint-Jean de Jérusalem, que les Ottomans venaient dechasser de Rhodes, et remit aussitôt à la voile. Cette brillanteexpédition ne devait pas néanmoins arrêter la piraterieafricaine; il restait encore la régence d’Alger. Le succès-