DÉCADENCE DE LA H ACE AKAISE EN OCCIDENT. 309
seur de Barberousse, Hassan-Aga, lui imprimant un nouvelessor, intercepta bientôt tout le commerce de la Méditer-ranée. En Italie, en Sicile, en Espagne, on fut obligé, pourrepousser les incursions des Barbaresques, d’établir descorps de garde sur les côtes, de distance en distance. Onprétendait que les corsaires étaient soutenus en secret parles Arabes qui résidaient encore sur le continent, parceque leurs villages étaient épargnés. Charles-Quint armaune nouvelle flotte et entreprit de réduire Alger (l541). Leséléments combattirent contre lui ; contrariée dans son dé-barquement par une tempête effroyable , assaillie à propospar les tribus arabes, dont on avait réveillé le fanatisme re-ligieux , et par les Turcs d’Alger, l’armée impériale essuyale désastre le plus complet. Pour comble de malheur, lesvaisseaux de qui dépendait la subsistance des troupes, nepurent tenir la mer ; la plupart se brisèrent les uns contreles autres, ou contre les rochers ; une partie seulementtrouva un abri sous le cap Metafut (aujourd’hui Matifou),situé à quatre journées de marche, et les chrétiens ne l’at-teignirent qu’après la retraite la plus désastreuse.
Cette malheureuse entreprise rendit aux Turcs leur pré-pondérance. Quand les événements le permirent, ils en-voyèrent une flotte contre les chevaliers de Saint-Jean,maîtres de Tripoli, qui fut reprise en 1551 ; le gouvernementen fut confié au célèbreDragut, qui, dix ans plus tard(1560),remporta, de concert avec Piali-pacha, une nouvelle vic-toire navale.
Après la bataille de Lépante, don Juan d’Autriche serendit à la Goulette, et marcha sur Tunis, qui ne lui op-posa aucune résistance ; à peine se fut-il éloigné (l£j72), queSinan-pacha accourut de Tripoli, et rétablit partout l’auto-rité du sultan. Dès lors les Turcs restèrent maîtres des Étatsde Tunis et d’Alger ; les expéditions dirigées contre euxn’eurent plus d’autre objet que d’obtenir des réparations oude punir des actes de piraterie. C’est ainsi que, sousLouis XiV, les Algériens furent réprimés par le duc deBeaufort en 1665, par le marquis de Martel en 1670, bom-bardés par Duquesne (1682-1681), par le maréchal d’Es-