DECADENCE ET EXPULSION DES AKAISES D’ESPAGNE. 313
tiens, à se rendre indépendants et vendaient pour quelquesfiefs le pays qu’ils étaient chargés de défendre, livrèrent auxAragonais, dans l’espace de quelques années (1232-1238),les villes situées aux alentours de la capitale. Réduite à sesseules forces, Valence elle-même fut investie par terre etpar mer. Le roi musulman, trop faible pour résister, im-plora le secours de Ben-Hud, de Mohammed-ÀIhamar etdes souverains d’Afrique. Aucun d’eux ne répondit à sonappel ; ils étaient trop occupés dans leurs propres États.Cependant Jacques pressait le blocus avec vigueur; les ha-bitants capitulèrent. Il fut convenu qu’ils jouiraient d’unesûreté complète pour leurs biens et leurs personnes ; ilsétaient libres d’abandonner la ville avec leur famille, leursesclaves et leurs richesses ; ceux qui préféraient y demeu-rer, protégés dans leur culte et leurs propriétés, étaientassujettis aux mêmes impôts que les autres sujets du roi d’A-ragon (1238).
Maître de Valence, Jacques s’occupait de soumettre à sadomination Villena, Dénia, Xativa, pour se porter ensuitesur le royaume de Murcie; il fut devancé par le roi deCastille (1241), qui, se plaçant entre les Aragonais et lesmusulmans, lui enleva désormais tout espoir d’agrandisse-ment. Le royaume de Murcie n’était pas aussi puissant quecelui de Valence. Divisé entre les walis de Murcie, d’Ali-cante, d’Orihuela, de Chinchilla, d’Alhama, il n’opposaaucune résistance à Ferdinand III. Ces divers chefs, jalouxde leur autorité, ennemis les uns des autres, s’empressèrentde se soumettre, ne songeant qu’à obtenir les conditionsles plus avantageuses. Le seul wali de Lorca, qui comman-dait à Mula et à Carthagène, maintint ses prétentions lesarmes à la main; deux ans après (1243), les villes qu’ilpossédait furent emportées d’assaut, et le royaume deMurcie fut réuni tout entier à la couronne de Castille.
Cette couronne avait fait depuis 1232 une acquisitionbien plus importante. De la Guadiana, sur les bords delaquelle un général castillan, Alvar Perez, avait, en 1233,montré dans un combat acharné une bravoure héroïqueet une grandeur d’àme admirable, elle avait d’abord
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