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Histoire des Arabes / par L.A. Sédillot
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LIVRE V, CHAPITRE IV.

la plus intéressante de la littérature des Arabes dEspa-gne, sont encore recherchées et trouvent aujourdhui,parmi nous, malgré leur affectation, des admirateurs pas-sionnés.

Les institutions politiques reçurent des souverains deGrenade des améliorations qui ne doivent pas être passéessous silence. Ils établirent, dans chaque ville, une sorte degarde nationale. Tous les citoyens reçurent des armes; ilest vrai quils ne devaient sen servir quen cas dattaque dela part des étrangers; mais, en réalité, ils les tournèrentplusieurs fois contre des princes qui méconnaissaient leursdevoirs ou ne tenaient aucun compte de lopinion publique.Afin que les frontières fussent mieux défendues, les sol-dats devenaient propriétaires de lots de terre qui suffisaientà leur entretien, à celui de leur famille, et ils devaient sen-tendre pour les garantir des invasions ennemies.

Les rois de Grenade, comme les souverains de lAfrique,simposaient le devoir de tenir à bas prix les denrées lesplus nécessaires aux classes indigentes ; ils tenaient la mainà ce que le marché fût toujours bien approvisionné. Dansleur capitale, qui avait plus de trois lieues de circuit, ilsétablirent une police excellente ; chaque quartier eut sonvizir ou commissaire; la nuit, des rondes parcouraient lesrues le moins fréquentées. Des règlements fixèrent lheurede la fermeture des lieux publics. Les artisans de chaqueprofession formèrent des communautés, et toutes les condi-tions étaient également protégées. Plusieurs princes, sui-vant les prescriptions rigoureuses du Coran, interdirentlusage des liqueurs spiritueuses, mais labus seul était sévè-rement puni; dautres, sans maltraiter les juifs, voulurentquils se distinguassent des musulmans par une marquespéciale ; ils surent tous empêcher quon ne pratiquâtlusure avec autant daudace que dans les autres pays. Ilsimaginèrent, pour les actes publics, des formulaires clairset précis, afin de prévenir toute contestation, et firent com-poser, par les savants, des traités spéciaux sur toutes lesprofessions mécaniques et industrielles. Les imans, les al-faquis, jusque- un peu trop libres dans la sphère de leur