DÉCADENCE ET EXPULSION DES ARABES D'ESPAGNE. 321
Un funeste exemple avait été donné un siècle auparavant.Abou-Said et Mohammed Y Guadix n’avaient pas craint deréclamer l’assistance de Pierre le Cruel, roi de Castille. Ceprince assassina, dans le champ de la Tablada, Abou-Saidréfugié à sa cour, pour s’emparer de ses richesses, et sou-tint ensuite Mohammed-Guadix ; plus tard, en 1432, You-sef IV Alhamar se joignit aux Castillans qui envahissaientle territoire de Grenade, et reçut, des mains des chré-tiens, une couronne avilie.
Trouble* eu Castille; invasion «le* Wérinirie*; bataille «lelUo &$ala«lo.
Nous reprenons maintenant notre récit ; depuis la con-quête de Murcie et de Séville par Ferdinand 111, les Cas-tillans étaient devenus les seuls ennemis que les rois deGrenade eussent à redouter; aussi cherchaient-ils à conser-ver la paix avec leurs voisins en répandant leurs libéralitésparmi les ministres et les principaux courtisans ou bien ense conciliant les esprits par des procédés chevaleresques.Les seigneurs de la Castille étaient parfaitement accueillisà la cour de Grenade; s’ils avaient des différends, le princeintervenait comme arbitre, et s’il ne pouvait mettre les par-ties d’accord, il fournissait aux deux champions les moyensde faire briller leur valeur dans un combat singulier.
Mais l’opposition de race et de religion devait rendre toutrapprochement inutile. Les deux peuples restaient toujoursennemis, et si, pendant les deux siècles d’existence duroyaume de Grenade, les Castillans ne cherchèrent pas àaccomplir les projets de Ferdinand III, c’est qu’ils furenteux-mêmes en proie à des discordes perpétuelles. Le fils deFerdinand 111, Alphonse X, qui, plus que personne, contri-bua à répandre en Europe les travaux scientifiques desArabes, et se rendit célèbre par la publication des TablesAlphonsines , après avoir passé la première partie de sa vieà briguer la dignité d’empereur d’Allemagne, employa laseconde à lutter contre son second fils, Sanche le Brave,que les États déclarèrent roi de Castille, même de son vi-vant. Les enfants de T.a Cerda, héritiers légitimes du trône.