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Histoire des Arabes / par L.A. Sédillot
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DECADENCE ET EXPULSION DES ARABES DESPAGNE. 325

de la sultane Zoraya. Deux partis bien tranchés se for-mèrent dans le royaume et contribuèrent à laffaiblir en-core (1476).

En Castille, au contraire, les grands, après avoir réduitHenri IV lImpuissant au dernier degré dabaissement etdhumiliation, sétaient réunis, à sa mort, autour de lin-fante Isabelle (1474). Cette princesse était mariée à Ferdi-nand, roi de Navarre et de plus héritier présomptif du roidAragon. En 1479, les deux époux pouvaient disposer desressources de trois royaumes ; ils allaient fonder la grandeurde lEspagne et lui donner lunité en détruisant pour jamaislad omination des Arabes dans la Péninsule. Muley-Ilacenprovoqua leur ressentiment en refusant de payer le tributauquel son père sétait engagé ; il répondit fièrement à leursambassadeurs : « Allez dire à vos maîtres que Grenade napas dor, mais du fer pour ses ennemis. » 11 ne craignitmême pas de commencer les hostilités en attaquant la villede Zahara, dont il sempara en 1480. On apprit à Grenade sonsuccès avec enthousiasme ; mais, suivant une prédiction si-nistre, les ruines de Zahara devaient retomber sur la tête desvainqueurs. Limportante ville dAlhama, un des soutiensde Grenade, fut emportée par les Castillans, qui se présen-tèrent bientôt sous les murs de la capitale. La guerre civilevenait déclater ; les partisans dAbou-Abdallah avaient ren-versé du trône Muley-Ilacen. Vainement ce prince essaya-t-il de montrer par son triomphe sur les Castillans devant Loxaquil était digne de la couronne ; il fut forcé de se retirerdans les provinces, et se vit abandonné de la plupart de sescapitaines. Les Castillans entretinrent habilement le feu dela révolte parmi les musulmans et poussèrent pendantquelque temps la guerre avec mollesse. Le hasard des com-bats ayant fait tomber entre leurs mains le lâche Abou-Ab-dallah, ils sempressèrent même de lui rendre la liberté,persuadés que sa coupable ambition servirait mieux leursintérêts que la plus belle victoire (1484).

Muley-Hacen, rétabli un instant sur le trône, avait ensuiteété forcé dabdiquer en faveur de son oncle, El-Zagal. Abou-Abdallah, qui était tombé dans le mépris de ses compa-

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