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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
étude pareille ne sont pas absolues ; elles laissent uneplace à des exceptions plus ou moins nombreuses.
Nous nous abstiendrons de parler des routes ordinai-res, les considérant comme hors de cause. Sous le rap-port du bon marché, leur infériorité est notoire rela-tivement aux lignes de navigation et aux chemins defer (1). D’ailleurs, en ce qui concerne les routes, il estadmis chez le plus grand nombre des peuples que lacirculation doit y être gratuite (2). L’État doit en effet à
(1) Je parle ici eu égard à la situation économique de nos sociétés occi-dentales. Dans l'Orient, sous l'empire de circonstances propres à unecivilisation qui naît, il pourrait arriver que le transport revînt à meilleurcompte sur une route que sur un chemin de fer. Je trouve le passage sui-vant dans un important travail de M. Le Play, sur la minéralogie dela Russie méridionale : travail qui, il est vrai, remonte à vingt ans d’ici,c'est-à-dire à une époque où les chemins de fer étaient loin de transpor-ter les marchandises aux prix réduits qu'ils offrent aujourd’hui :
« 11 résulte des renseignements consignés, dans le tableau précédent,« que, dans des circonstances moyennement favorables, les transports« par charretage se font dans la contrée du Dunetz a raison de 11 cen-« times par 1,000 kilogr. et par kilom. On peut même, dans certains cas,« passer des marchés considérables de matières à transporter au taux de« 7 centimes et demi. Le prix moyen de 11 centimes est inférieur aux« tarifs établis sur la plupart des chemins de fer, même pour le trans-« port des denrées agricoles; ainsi se trouvent justifiées les assertions« précédemment émises, qu’une réunion de circonstances naturelles« éminemment favorables aux transports assure à la Russie méridionale« les mêmes avantages qu’on n’a pu obtenir dans l’ouest de l’Europe qu’à« force d’art et au prix d’immenses sacrifices. »
M. Le Play ajoute cependant la réflexion suivante :
« 11 est essentiel de remarquer, toutefois, que ce faible prix des trans-« ports suppose qu’il y ait un certain équilibre entre le travail auquel ils« donnent lieu et les ressources que présente la contrée en population« agricole, en bestiaux, en pâturages, etc.; en sorte que les prix s’élè-« veraient inévitablement dès que les exploitations houillères commen-« ceraie.nl à prendre plus de développement. »
(2) En France, les routes sont exemptes de droits de péage. Cependant,en Angleterre et dans la plus grande partie de l’Allemagne, un droit depéage est établi, mais, le plus souvent, il est destiné à fournir la sommenécessaire à l’entretien, plutôt qu’un intérêt de la mise de fonds et à plusforte raison qu'un profit net.