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CÜU1ÎS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
munautés dans tout le royaume. Il désigna l’institu-tion sous les noms de maîtrises et de jurandes et il yassujettit tous les artisans. Par un édit d’avril 1597,Henri 1Y appliqua la même mesure à tous les marchands.Les arts et métiers lurent plus tard réglementés à nou-veau par Colbert qui, dans le but de perfectionner l’in-dustrie en astreignant les retardataires à avancer, pres-crivit rigoureusement l’emploi des procédés les .plusperfectionnés à son époque. Ce grand ministre ne soup-çonnait pas qu’un esprit de retardement égoïste s’auto-riserait un jour de ces règlements, dictés par une pen-sée de progrès, pour s’opposer à des progrès nouveaux.
Ce régime avait le grave inconvénient de conférer lemonopole absolu de la profession à la corporation, dans lelieu où elle était établie; cependant il eut, dès l’origine,des effets politiques excellents, en permettant à l’indus-trie de se développer malgré la tyrannie rapace des sei-gneurs féodaux; mais, après quelques siècles, 11 engen-dra une multitude d’abus. Les manufacturiers s’endor-mirent à l’ombre de leur privilège. En l’absence d’uneconcurrence active, rien ne les excitait à améliorer leursprocédés. Dans le dernier siècle, ils étaient portés à de-meurer stationnaires, par les règlements que l’autoritéelle-même avait tracés, et qui déterminaient le moded’opérer, avec un détail minutieux. Les apprentis, quivivaient dans la dépendance, et ne pouvaient ouvrir bou-tique qu’après avoir été agréés par les maîtres, furentexploités durement. Etabli au profit des maîtres, et nonen faveur des ouvriers, l’apprentissage était envers cesderniers une servitude temporaire. Certaines commu-nautés refusaient la maîtrise d’une manière absolue àquiconque n’était pas fils de maître ou marié à la veuved’un maître. D’autres repoussaient, sous le nom d’étran-ger, tout homme qui était né dans une autre ville.