Buch 
Leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
436
JPEG-Download
 

436

CÜU1ÎS DÉCONOMIE POLITIQUE.

munautés dans tout le royaume. Il désigna linstitu-tion sous les noms de maîtrises et de jurandes et il yassujettit tous les artisans. Par un édit davril 1597,Henri 1Y appliqua la même mesure à tous les marchands.Les arts et métiers lurent plus tard réglementés à nou-veau par Colbert qui, dans le but de perfectionner lin-dustrie en astreignant les retardataires à avancer, pres-crivit rigoureusement lemploi des procédés les .plusperfectionnés à son époque. Ce grand ministre ne soup-çonnait pas quun esprit de retardement égoïste sauto-riserait un jour de ces règlements, dictés par une pen-sée de progrès, pour sopposer à des progrès nouveaux.

Ce régime avait le grave inconvénient de conférer lemonopole absolu de la profession à la corporation, dans lelieu elle était établie; cependant il eut, dès lorigine,des effets politiques excellents, en permettant à lindus-trie de se développer malgré la tyrannie rapace des sei-gneurs féodaux; mais, après quelques siècles, 11 engen-dra une multitude dabus. Les manufacturiers sendor-mirent à lombre de leur privilège. En labsence duneconcurrence active, rien ne les excitait à améliorer leursprocédés. Dans le dernier siècle, ils étaient portés à de-meurer stationnaires, par les règlements que lautoritéelle-même avait tracés, et qui déterminaient le modedopérer, avec un détail minutieux. Les apprentis, quivivaient dans la dépendance, et ne pouvaient ouvrir bou-tique quaprès avoir été agréés par les maîtres, furentexploités durement. Etabli au profit des maîtres, et nonen faveur des ouvriers, lapprentissage était envers cesderniers une servitude temporaire. Certaines commu-nautés refusaient la maîtrise dune manière absolue àquiconque nétait pas fils de maître ou marié à la veuvedun maître. Dautres repoussaient, sous le nom détran-ger, tout homme qui était dans une autre ville.